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Parfois, il faut savoir se déconnecter pour se reconnecter à soi-même.😇
Coucou tout le monde !
Me voici au 16ème jour de mon parcours. J'ai beau essayer de venir quotidiennement vous raconter un peu de mon Chemin, mais le soir après mon étape du jour, je suis rarement seule, presqu'à chaque fois, j'ai la chance de trouver des personnes qui m'accueillent et m'offrent l'hospitalité, à prix modique, parfois même gratuitement. Finalement je me demande si c'était une bonne idée de racheter une tente, car je l'ai utilisé en tout et pour tout trois fois jusqu'à présent. En attendant je me la trimballe sur le dos, bien que, j'ai trouvé un système D pour répartir les poids. Je porte l'armature et les piquets dans mon sac à dos et la toile à la main, ce qui est plus confortable.
Je trouve enfin mon rythme, je marche une moyenne de 15 km/jour , malgré les suites de ma chute qui vont me poursuivre certainement jusqu'au bout, je compense par ma force mentale. Et pour cela il a été nécessaire que je me déconnecte d'un monde qui m'oppressait de plus en plus et de me délester de tous mes doutes, culpabilités et autres sentiments négatifs.
Mes journées commencent à 8h et se terminent bien souvent vers 23h30 .Avec mes hôtes, nous échangeons de vrais moments de partage, même s'ils sont éphémères, ils n'ent sont pas moins sincères. Et lorsque je vais me coucher il ne me faut pas 5 minutes pour sombrer dans un sommeil profond, bien que mes nuits sont rarement complètes, je m'endors vraiment vers 5h ce qui m'oblige à mettre mon réveil pour ne pas partir trop tard.
Ma façon d'avancer est différente des autres années, je m'attarde moins pour faire des photos, faut dire que pour le moment je traverse des paysages que j'ai vu en avril et que je reconnais au passage. Cela me permet de plus me concentrer sur la marche. J'apprends aussi à faire des pauses régulières afin de soulager mon corps .
Depuis dimanche dernier où j'ai pris une pause dominicale au Juvenat de Chateaulin, centre d'accueil et d'hébergement et d'accueil tenu par des religieux, je n'ai pas encore eu l'occasion d'ouvrir ma tente. J'étais arrivée samedi soir après une étape épuisante. C'est bizarre, c'est toujours sur la fin de l'étape qu'on tombe soit sur des routes et chemins interminables, ou que l'on se trompe, ou bien on se fait tromper par l'IA sur le nombre de kilomètres restants, et parfois que l'on croise des personnes prêtes à vous faire changer tous vos plans en vous indiquant des itinéraires foireux.
Désormais, je ne fais confiance qu'au guide de l'association des Amis de Compostelle. Il est formidablement bien conçu, me fait gagner un temps précieux et m'évite les mauvaises surprises !
Pour continuer je vais axer mon récit sur les formidables rencontres et retrouvailles qui ont jalonné ma semaine.Désormais, je consacre mes dimanches au repos. C'est l'occasion de faire un peu de lessive dans les Lavomatic des grandes surfaces (que je ne citerai pas !) et de soigner mes petits bobos. Pour l'instant, mon corps tient bon et me permet d'avancer à un excellent rythme : à ce jour, je suis arrivée au kilomètre 190, à Quimperlé ! Dimanche dernier, après la lessive matinale et quelques courses pour me restaurer, j'ai passé l'après-midi au frais à l'intérieur du Juvénat , un endroit tellement reposant. Tout comme aujourd'hui, il faisait une chaleur cuisante dehors 🥵, l'idéal pour me poser et partager mon parcours avec vous. Pour la petite histoire, la veille au soir, je suis arrivée là-bas complètement épuisée. Le prêtre qui m'a accueillie m'a demandé si je restais pour le dîner. Il était 19h. J'aurais bien dit oui, mais il y avait un dilemme, pour trouver un vrai repas, il fallait redescendre deux kilomètres plus bas, au centre-ville, jusqu'au Bistronome. C’est une très belle enseigne où je m'étais déjà arrêtée en avril et où j'avais reçu un accueil ultra-chaleureux 🤗. Surtout, je mourais de soif et je rêvais d'une bonne bière bien fraîche... ce que le Juvénat ne proposait pas !Après une bonne douche, j'ai donc courageusement pris le chemin de la ville. Arrivée sur place vers 20h30, l'équipe m'a tout de suite reconnue . J'ai été traitée comme un coq en pâte ! À la table à côté de moi, il y avait un groupe d'Alsaciens ; nous avons ri de bon cœur toute la soirée, et cela m'a fait un bien fou. Le retour a été un peu moins drôle, il fallait remonter les deux kilomètres en pente. À mi-chemin, j'ai croisé une dame qui prenait des pizzas à un distributeur automatique. Je lui ai demandé si elle montait par là. Ce n'était pas son chemin, mais elle a gentiment accepté de me déposer en voiture ! 😇Le dimanche soir, je suis finalement restée manger au Juvénat. Je me suis retrouvée à table avec deux religieuses en vacances dans la région. Elles étaient charmantes ! Nous avons beaucoup discuté de la place des femmes au sein de l'Église, et je peux vous dire qu'elles n'étaient pas du genre à se laisser faire 😊.La cuisinière nous avait concocté un délicieux repas : bouillon Oxtail en entrée, poulet fermier , pommes de terre vapeur, et une tartelette au citron meringuée en dessert 😋. Et surprise… il y avait du vin à table ! 🤪 Elles étaient d'ailleurs très étonnées que le curé ne m'ait pas proposé de bière la veille. Toutes les deux se sont servi une belle rasade de vin rouge. Pour ma part, j’ai hérité d'un fond de bouteille de rosé 😉. Je me suis servi un premier petit verre, sans oser y retourner tout de suite… Une fois le repas terminé, les deux sœurs (80 ans quand même, mais elles en paraissaient dix de moins !) se sont levées, ont débarrassé la table et ont rangé les bouteilles de vin. J'ai sagement attendu qu'elles s'éloignent. Dès que je ne les ai plus entendues, j'ai chipé le reste de la bouteille de rosé, en laissant juste un tout petit fond pour la forme et j'ai filé déguster mon verre tranquillement dans ma chambre 😅
Lundi matin, c'est l'heure du grand départ. Après un petit-déjeuner partagé avec les deux religieuses et un salut de monsieur le curé, beaucoup plus détendu que la veille ! Je règle ma nuitée et me remets en route. Tout d'abord redescendre les 2 kilomètres de côte et m'arrêter à l'église Notre-Dame pour obtenir un tampon sur ma crédentiale. Le presbytère est fermé, mais le jardinier m'ouvre gentiment les portes. Le problème, c'est qu'il n'a aucune idée d'où se trouve le cachet. Après avoir fouillé tous les tiroirs ensemble, c'est finalement moi qui le trouve ! 😇 Mon pique-nique en poche, l'étape commence vraiment.
Je dois longer l'Aulne pendant plus de 8 kilomètres. Le cadre ombragé est idyllique au début, mais le chemin semble interminable. Mon repère est d'arriver à un pont sous la voie rapide. Comme je suis seule sur ma rive, j'interpelle les cyclistes qui roulent sur la rive d'en face pour leur demander la distance. Leurs réponses me font paniquer, entre ceux qui n'ont jamais vu de pont et ceux qui m’annoncent encore 30 kilomètres à parcourir, je ne sais plus quoi penser 🫣Le pont finit par apparaître, suivi d'une balise de Compostelle qui m'enfonce dans un petit bois escarpé longeant la voie rapide. La pente est raide. Soudain, un nouvel obstacle se dresse, une énorme branche de houx barre le passage sur un sol jonché de grosses pierres. En plein exercice d'équilibriste, je me baisse... et mon sac à dos se retrouve complètement pris au piège dans les branchages de houx ! Agripée par l'arrière, je tire de toutes mes forces en priant pour que la branche ne se détende pas comme un levier de catapulte 🤪😅.Libérée et sans bobos , j'affronte une dernière montée interminable avant d'atteindre un plateau, en nage et épuisée. Quelques kilomètres plus loin, le sort s'acharne, je débouche sur un croisement en étoile à cinq branches avec une balise mal orientée. Impossible de savoir où aller. C'est à ce moment précis que la magie du Chemin opère. Une voiture s'arrête. En entendant mon histoire, la passagère descend et me lance : "Eh bien, vous venez dormir chez nous ! Nous avons longtemps accueilli les pèlerins et cela nous manque." 😇 Installés au bout d’un chemin isolé, ils étaient la seule option d’hébergement à 10 kilomètres à la ronde. Ma véritable providence du jour. 😇Annie et Louis m'ont offert une hospitalité extraordinaire. Le soir, j'ai savouré les produits de leur potager ́, tomates et haricots verts ultra-frais, omelette, pommes de terre rissolées et fromage blanc. Un pur délice. Face à leur refus catégorique de me laisser payer quoi que ce soit, Annie, d'une énergie incroyable malgré un AVC l'an dernier , est même allée inspecter le dessous de mon matelas avant mon départ pour vérifier que je n'avais pas glissé un billet en cachette. Son mari, Louis, combat actuellement un cancer avec une chimiothérapie orale, ce qui ne l'empêche pas de rester un citoyen très actif et engagé dans sa commune. À la tête d'une belle tribu de 5 enfants et 15 petits-enfants 🤗, ils avaient arpenté les chemins de Compostelle d'une traite il y a 20 ans. Feuilleter leur album photo avec eux a été un moment de partage inoubliable.
Mardi matin, après des adieux émus, Louis m'a déposée en voiture au départ de mon étape à Briec-sur-Odet. Un lien précieux s'est créé : je leur envoie un petit message à chaque fois que je pose mon sac en fin de journée.
C'est ainsi que démarre mon étape du jour. Mon objectif est d'atteindre Briec pour 18h35 afin d'attraper le dernier bus direct pour Quimper. C'est là que m'attend le célèbre "Casimir" ou "Gibee" pour les intimes que beaucoup connaissent ici et ailleurs. Nous nous connaissons depuis près de 20 ans , une amitié née sur le net qui s'est vite concrétisée par des rencontres dans sa Bretagne natale. Plutôt que de chercher un gîte, j'ai joué l'incruste en lui demandant de planter ma tente au milieu de son potager 🍅🥕🧅🫛🥔🌶🥒🫑. Il a accepté avec joie, enfin je crois.
Me voilà en route. La chaleur est lourde et ce tronçon n'est que bitume. En prime, mon épine calcanéenne se rappelle cruellement à mon bon souvenir. En arrivant à la chapelle Saint-Vennec, il ne me reste théoriquement que 6,5 km. Heureusement que je consulte mon guide avant d'attaquer la côte, l'itinéraire propose de monter jusqu'à la chapelle… pour s'apercevoir qu'elle est fermée et devoir faire un kilomètre d'aller-retour inutile ! 🤨 J'avoue que je commence à saturer des chapelles closes.
Arrivée à l'intersection qui tourne à gauche, je m'arrête à la première maison. Une dame accepte gentiment de remplir ma gourde. Je lui demande si je suis sur la bonne voie. Elle me rassure, tout en me prévenant que la suite grimpe sec… très sec ! 🥵
Je rassemble mes forces. Malgré quelques coins d'ombre, je suis au bout du rouleau et il reste 4,5 km. Mon GPS prévoit une arrivée à 18h31 pour un bus à 18h35. Le moindre faux pas et je le rate ! Je tente alors le tout pour le tout en faisant du stop. Malheureusement, la route est déserte. Une voiture finit par s'approcher. Au volant, un monsieur âgé qui, en me voyant, décide carrément d'accélérer… Je vous laisse imaginer les noms d'oiseaux qui me sont venus à l'esprit ! Au bord du craquage, j'implore l'Univers de m'envoyer un sauveur. 😇 Miracle, moins de trois minutes plus tard, une voiture s'arrête. C'est la dame qui venait de remplir ma gourde ! Je lui explique l'urgence de mon bus. Mais elle ne peut pas s'arrêter à Briec car elle a un rendez-vous urgent à Quimper… mais elle me propose de m'y emmener directement. Alléluia ! Elle est ma providence du jour. 😇Elle me dépose sur le parking d’un supermarché. Dans la précipitation, je saute de la voiture… en y oubliant mon bâton de marche . Ce contretemps sera d'ailleurs le grand fil conducteur de ma journée de mercredi !
J'appelle Gibee, qui débarque en un éclair accompagné d'un jeune homme aussi sympathique que mystérieux 😝. C’est le début de mon immersion dans les secrets de « La tambouille de Caz et ses amis ». Malgré ma mine défaite par la fatigue, mon hôte sait y faire pour redonner le sourire. Au programme, un apéritif convivial en se racontant nos vieux souvenirs, une dégustation de melons de sa production (Pas moins de 17 ! 😍), de succulentes brochettes de poulet et de bœuf, et un sorbet de melon maison pour clore ce festin .Pour couronner cette soirée magique, nous profitons de la nuit des étoiles filantes. Installés tous les trois sous le ciel breton, nous admirons le spectacle céleste ☄️🌠. J'apprends une foule de choses, notamment que l'on peut observer les satellites à l'œil nu ! C'est la tête pleine d'étoiles que nous allons enfin nous coucher vers 2h du matin. ⭐️⭐️⭐️Pour ne pas trop vous remplir la tête, je m'arrête ici pour le moment. La suite au prochain épisode ! En attendant, je vous lance un petit défi : devinez quel est cet objet mystère qui m'accompagne en secret depuis le tout premier jour de mon Chemin ? J'attends vos réponses !
Je trouve enfin mon rythme, je marche une moyenne de 15 km/jour , malgré les suites de ma chute qui vont me poursuivre certainement jusqu'au bout, je compense par ma force mentale. Et pour cela il a été nécessaire que je me déconnecte d'un monde qui m'oppressait de plus en plus et de me délester de tous mes doutes, culpabilités et autres sentiments négatifs.
Mes journées commencent à 8h et se terminent bien souvent vers 23h30 .Avec mes hôtes, nous échangeons de vrais moments de partage, même s'ils sont éphémères, ils n'ent sont pas moins sincères. Et lorsque je vais me coucher il ne me faut pas 5 minutes pour sombrer dans un sommeil profond, bien que mes nuits sont rarement complètes, je m'endors vraiment vers 5h ce qui m'oblige à mettre mon réveil pour ne pas partir trop tard.
Ma façon d'avancer est différente des autres années, je m'attarde moins pour faire des photos, faut dire que pour le moment je traverse des paysages que j'ai vu en avril et que je reconnais au passage. Cela me permet de plus me concentrer sur la marche. J'apprends aussi à faire des pauses régulières afin de soulager mon corps .
Depuis dimanche dernier où j'ai pris une pause dominicale au Juvenat de Chateaulin, centre d'accueil et d'hébergement et d'accueil tenu par des religieux, je n'ai pas encore eu l'occasion d'ouvrir ma tente. J'étais arrivée samedi soir après une étape épuisante. C'est bizarre, c'est toujours sur la fin de l'étape qu'on tombe soit sur des routes et chemins interminables, ou que l'on se trompe, ou bien on se fait tromper par l'IA sur le nombre de kilomètres restants, et parfois que l'on croise des personnes prêtes à vous faire changer tous vos plans en vous indiquant des itinéraires foireux.
Désormais, je ne fais confiance qu'au guide de l'association des Amis de Compostelle. Il est formidablement bien conçu, me fait gagner un temps précieux et m'évite les mauvaises surprises !
Pour continuer je vais axer mon récit sur les formidables rencontres et retrouvailles qui ont jalonné ma semaine.Désormais, je consacre mes dimanches au repos. C'est l'occasion de faire un peu de lessive dans les Lavomatic des grandes surfaces (que je ne citerai pas !) et de soigner mes petits bobos. Pour l'instant, mon corps tient bon et me permet d'avancer à un excellent rythme : à ce jour, je suis arrivée au kilomètre 190, à Quimperlé ! Dimanche dernier, après la lessive matinale et quelques courses pour me restaurer, j'ai passé l'après-midi au frais à l'intérieur du Juvénat , un endroit tellement reposant. Tout comme aujourd'hui, il faisait une chaleur cuisante dehors 🥵, l'idéal pour me poser et partager mon parcours avec vous. Pour la petite histoire, la veille au soir, je suis arrivée là-bas complètement épuisée. Le prêtre qui m'a accueillie m'a demandé si je restais pour le dîner. Il était 19h. J'aurais bien dit oui, mais il y avait un dilemme, pour trouver un vrai repas, il fallait redescendre deux kilomètres plus bas, au centre-ville, jusqu'au Bistronome. C’est une très belle enseigne où je m'étais déjà arrêtée en avril et où j'avais reçu un accueil ultra-chaleureux 🤗. Surtout, je mourais de soif et je rêvais d'une bonne bière bien fraîche... ce que le Juvénat ne proposait pas !Après une bonne douche, j'ai donc courageusement pris le chemin de la ville. Arrivée sur place vers 20h30, l'équipe m'a tout de suite reconnue . J'ai été traitée comme un coq en pâte ! À la table à côté de moi, il y avait un groupe d'Alsaciens ; nous avons ri de bon cœur toute la soirée, et cela m'a fait un bien fou. Le retour a été un peu moins drôle, il fallait remonter les deux kilomètres en pente. À mi-chemin, j'ai croisé une dame qui prenait des pizzas à un distributeur automatique. Je lui ai demandé si elle montait par là. Ce n'était pas son chemin, mais elle a gentiment accepté de me déposer en voiture ! 😇Le dimanche soir, je suis finalement restée manger au Juvénat. Je me suis retrouvée à table avec deux religieuses en vacances dans la région. Elles étaient charmantes ! Nous avons beaucoup discuté de la place des femmes au sein de l'Église, et je peux vous dire qu'elles n'étaient pas du genre à se laisser faire 😊.La cuisinière nous avait concocté un délicieux repas : bouillon Oxtail en entrée, poulet fermier , pommes de terre vapeur, et une tartelette au citron meringuée en dessert 😋. Et surprise… il y avait du vin à table ! 🤪 Elles étaient d'ailleurs très étonnées que le curé ne m'ait pas proposé de bière la veille. Toutes les deux se sont servi une belle rasade de vin rouge. Pour ma part, j’ai hérité d'un fond de bouteille de rosé 😉. Je me suis servi un premier petit verre, sans oser y retourner tout de suite… Une fois le repas terminé, les deux sœurs (80 ans quand même, mais elles en paraissaient dix de moins !) se sont levées, ont débarrassé la table et ont rangé les bouteilles de vin. J'ai sagement attendu qu'elles s'éloignent. Dès que je ne les ai plus entendues, j'ai chipé le reste de la bouteille de rosé, en laissant juste un tout petit fond pour la forme et j'ai filé déguster mon verre tranquillement dans ma chambre 😅
Lundi matin, c'est l'heure du grand départ. Après un petit-déjeuner partagé avec les deux religieuses et un salut de monsieur le curé, beaucoup plus détendu que la veille ! Je règle ma nuitée et me remets en route. Tout d'abord redescendre les 2 kilomètres de côte et m'arrêter à l'église Notre-Dame pour obtenir un tampon sur ma crédentiale. Le presbytère est fermé, mais le jardinier m'ouvre gentiment les portes. Le problème, c'est qu'il n'a aucune idée d'où se trouve le cachet. Après avoir fouillé tous les tiroirs ensemble, c'est finalement moi qui le trouve ! 😇 Mon pique-nique en poche, l'étape commence vraiment.
Je dois longer l'Aulne pendant plus de 8 kilomètres. Le cadre ombragé est idyllique au début, mais le chemin semble interminable. Mon repère est d'arriver à un pont sous la voie rapide. Comme je suis seule sur ma rive, j'interpelle les cyclistes qui roulent sur la rive d'en face pour leur demander la distance. Leurs réponses me font paniquer, entre ceux qui n'ont jamais vu de pont et ceux qui m’annoncent encore 30 kilomètres à parcourir, je ne sais plus quoi penser 🫣Le pont finit par apparaître, suivi d'une balise de Compostelle qui m'enfonce dans un petit bois escarpé longeant la voie rapide. La pente est raide. Soudain, un nouvel obstacle se dresse, une énorme branche de houx barre le passage sur un sol jonché de grosses pierres. En plein exercice d'équilibriste, je me baisse... et mon sac à dos se retrouve complètement pris au piège dans les branchages de houx ! Agripée par l'arrière, je tire de toutes mes forces en priant pour que la branche ne se détende pas comme un levier de catapulte 🤪😅.Libérée et sans bobos , j'affronte une dernière montée interminable avant d'atteindre un plateau, en nage et épuisée. Quelques kilomètres plus loin, le sort s'acharne, je débouche sur un croisement en étoile à cinq branches avec une balise mal orientée. Impossible de savoir où aller. C'est à ce moment précis que la magie du Chemin opère. Une voiture s'arrête. En entendant mon histoire, la passagère descend et me lance : "Eh bien, vous venez dormir chez nous ! Nous avons longtemps accueilli les pèlerins et cela nous manque." 😇 Installés au bout d’un chemin isolé, ils étaient la seule option d’hébergement à 10 kilomètres à la ronde. Ma véritable providence du jour. 😇Annie et Louis m'ont offert une hospitalité extraordinaire. Le soir, j'ai savouré les produits de leur potager ́, tomates et haricots verts ultra-frais, omelette, pommes de terre rissolées et fromage blanc. Un pur délice. Face à leur refus catégorique de me laisser payer quoi que ce soit, Annie, d'une énergie incroyable malgré un AVC l'an dernier , est même allée inspecter le dessous de mon matelas avant mon départ pour vérifier que je n'avais pas glissé un billet en cachette. Son mari, Louis, combat actuellement un cancer avec une chimiothérapie orale, ce qui ne l'empêche pas de rester un citoyen très actif et engagé dans sa commune. À la tête d'une belle tribu de 5 enfants et 15 petits-enfants 🤗, ils avaient arpenté les chemins de Compostelle d'une traite il y a 20 ans. Feuilleter leur album photo avec eux a été un moment de partage inoubliable.
Mardi matin, après des adieux émus, Louis m'a déposée en voiture au départ de mon étape à Briec-sur-Odet. Un lien précieux s'est créé : je leur envoie un petit message à chaque fois que je pose mon sac en fin de journée.
C'est ainsi que démarre mon étape du jour. Mon objectif est d'atteindre Briec pour 18h35 afin d'attraper le dernier bus direct pour Quimper. C'est là que m'attend le célèbre "Casimir" ou "Gibee" pour les intimes que beaucoup connaissent ici et ailleurs. Nous nous connaissons depuis près de 20 ans , une amitié née sur le net qui s'est vite concrétisée par des rencontres dans sa Bretagne natale. Plutôt que de chercher un gîte, j'ai joué l'incruste en lui demandant de planter ma tente au milieu de son potager 🍅🥕🧅🫛🥔🌶🥒🫑. Il a accepté avec joie, enfin je crois.
Me voilà en route. La chaleur est lourde et ce tronçon n'est que bitume. En prime, mon épine calcanéenne se rappelle cruellement à mon bon souvenir. En arrivant à la chapelle Saint-Vennec, il ne me reste théoriquement que 6,5 km. Heureusement que je consulte mon guide avant d'attaquer la côte, l'itinéraire propose de monter jusqu'à la chapelle… pour s'apercevoir qu'elle est fermée et devoir faire un kilomètre d'aller-retour inutile ! 🤨 J'avoue que je commence à saturer des chapelles closes.
Arrivée à l'intersection qui tourne à gauche, je m'arrête à la première maison. Une dame accepte gentiment de remplir ma gourde. Je lui demande si je suis sur la bonne voie. Elle me rassure, tout en me prévenant que la suite grimpe sec… très sec ! 🥵
Je rassemble mes forces. Malgré quelques coins d'ombre, je suis au bout du rouleau et il reste 4,5 km. Mon GPS prévoit une arrivée à 18h31 pour un bus à 18h35. Le moindre faux pas et je le rate ! Je tente alors le tout pour le tout en faisant du stop. Malheureusement, la route est déserte. Une voiture finit par s'approcher. Au volant, un monsieur âgé qui, en me voyant, décide carrément d'accélérer… Je vous laisse imaginer les noms d'oiseaux qui me sont venus à l'esprit ! Au bord du craquage, j'implore l'Univers de m'envoyer un sauveur. 😇 Miracle, moins de trois minutes plus tard, une voiture s'arrête. C'est la dame qui venait de remplir ma gourde ! Je lui explique l'urgence de mon bus. Mais elle ne peut pas s'arrêter à Briec car elle a un rendez-vous urgent à Quimper… mais elle me propose de m'y emmener directement. Alléluia ! Elle est ma providence du jour. 😇Elle me dépose sur le parking d’un supermarché. Dans la précipitation, je saute de la voiture… en y oubliant mon bâton de marche . Ce contretemps sera d'ailleurs le grand fil conducteur de ma journée de mercredi !
J'appelle Gibee, qui débarque en un éclair accompagné d'un jeune homme aussi sympathique que mystérieux 😝. C’est le début de mon immersion dans les secrets de « La tambouille de Caz et ses amis ». Malgré ma mine défaite par la fatigue, mon hôte sait y faire pour redonner le sourire. Au programme, un apéritif convivial en se racontant nos vieux souvenirs, une dégustation de melons de sa production (Pas moins de 17 ! 😍), de succulentes brochettes de poulet et de bœuf, et un sorbet de melon maison pour clore ce festin .Pour couronner cette soirée magique, nous profitons de la nuit des étoiles filantes. Installés tous les trois sous le ciel breton, nous admirons le spectacle céleste ☄️🌠. J'apprends une foule de choses, notamment que l'on peut observer les satellites à l'œil nu ! C'est la tête pleine d'étoiles que nous allons enfin nous coucher vers 2h du matin. ⭐️⭐️⭐️Pour ne pas trop vous remplir la tête, je m'arrête ici pour le moment. La suite au prochain épisode ! En attendant, je vous lance un petit défi : devinez quel est cet objet mystère qui m'accompagne en secret depuis le tout premier jour de mon Chemin ? J'attends vos réponses !
Merci pour votre lecture fidèle. Je suis parfois un peu gênée de vous abreuver de si longs textes, mais comme on dit chez nous : là où il y a de la gêne, ’y a pas de plaisir !
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