Mon Chemin de Compostelle (km100)
Publié le 20 Septembre 2026
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Me voici enfin
Pour vous raconter mes aventures, un petit retour en arrière s'impose. Alors revenons à lundi où je suis arrivée à Daoulas en fin de journée complètement exténuée après avoir parcouru 18km. À quelques km de l'arrivée, je téléphone au camping où j'avais réservé la veille pour dire que j'arrivais, seulement le camping est situé à Logona Daoulas qui est encore à 10km de Daoulas. Je désespère, je demande conseil à ma copine l'IA, vous verrez plus loin que c'est plus ma copine 
Elle me dit que je peux prendre le dernier bus à 17h13 à Daoulas direction le camping. A une minute près je peux l'attraper, alors je me mets à accélérer le pas, il fait chaud et les pieds commencent à manifester leur épuisement. J'arrive à 17h20 à l'arrêt qui se trouve au bout de la ville , osant croire à un retard du bus. Hélas cette fois la providence n'était pas au rendez-vous
Je commence à faire des recherches dans le voisinage et personne pour m'accueillir, finalement j'ai pris un taxi.
Je passe une très bonne nuit dans mon petit cabanon mais tout en me disant que tous ces imprévus me coûtent cher et qu'à cette allure, je vais vraiment devoir retourner à la case départ.
Mardi : Avant de repartir en bus cette fois jusque Daoulas qui était mon point de départ de mon étape du jour, je m'arrête au village au bar restaurant afin de prendre un petit déjeuner en attendant le bus. La patronne n'accepte pas la carte de banque et à ce moment un jeune homme bien sympathique me l'a offert.
Finalement je réalise que souvent j'ai croisé des jeunes gens qui s'intéressent à mon Chemin, me posent des questions et partagent avec moi leur propre expérience avec beaucoup de respect et de courtoisie 
C'est réconfortant 
Me voici dans le bus, j'arrive sur les coups de midi, j'avais reçu quelques adresses pour mon hébergement du soir. Comme je démarrais tard, que je ne voulais plus utiliser ma tente qui est absolument inutilisable, je décidais d'une petite étape de moins de 10km. J'appelle toutes les adresses et je ne reçois que des refus. Alors je m'installe dans le très joli parc de l'abbaye de Daoulas et je me mets à téléphoner partout, j'étais prête à débourser jusqu'à 75€ la nuit. Je trouve dans la rue à côté de l'abbaye une dame qui fait l'accueil des pèlerins. J'appelle aucune réponse, je décide de me pointer devant sa porte, les fenêtre étaient ouvertes, je sonne, une dame très aimable m'ouvre et me dit qu'elle n'a jamais fait l'accueil pèlerins.
Et là je désespère, mes douleurs depuis ma chute se font ressentir, je prends la décision de retourner à Brest, j'ai un bus dans 15 minutes. Mon hôtel Première Classe est complet, je prends le Campanile juste en face, 75€ la nuit, chambre grand luxe, tant pis et tant qu'à faire je m'offre le resto. L'avantage c'est qu'ils me reconnaissent tous puisque je suis venue en avril.
Mercredi : La nuit porte conseil, je passe à la réception et je fais cadeau de ma tente. La réceptionniste la prend pour elle, je l'avais prévenue pourtant 
Du coup, je me sens drôlement plus légère, mon sac passe presque inaperçu.
Je décide de me rendre au magasin Décathlon à Brest, je n'ai que deux arrêts jusque là. Et je vais m'acheter une nouvelle tente 29€, elle est super spacieuse, confortable et compacte, mais je rattrape 1,5kg sur mon dos 
Il faut que je retourne à Daoulas, est-ce-que cela en vaut la peine ? J'avais tout visité la veille, la magnifique abbaye où j'ai reçu mon cachet sur ma Crédentiale.
Donc je décide de passer outre l'étape suivante de L'hôpital Camfrout qui ne m'avait pas laissé un bon souvenir lorsque j'y suis passée en Avril.
Je décide donc de prendre le bus jusqu'à Le Faou où j'ai pris la sage décision d'y passer deux nuits afin de me reposer et de me soigner. C'est ainsi que j'ai été voir un médecin qui m'a prescrit des anti inflammatoires. Après une prise, ma côte m'a laissée dormir paisiblement et mon genou de continuer mon Chemin en toute tranquillité. A force d'accélérer le pas dans certaines situations, j'ai un peu énervé mon épine calcanéene
Le docteur m'a conseillé de faire une radio à mon retour mais m'autorise à continuer mon Chemin.
J'ai monté ma super tente sur une aire de camping où j'ai passé deux nuits enfin reposantes.
Je me suis baladée dans Le Faou, j'ai visité les sites historiques tout autour dont Rumengol, qui me fait penser à un nom de médicament
J'ai bien mangé et bien bu, j'ai parlé et ris avec les gens, deux jours qui m'ont fait comprendre que le Chemin de Compostelle ne doit pas être un Chemin de Croix. Il est important d'écouter son corps et son âme.
Vendredi : Je revois mon itinéraire et cette fois je cherche uniquement les campings et ça change tout, alléluia 
Départ de la place de Le Faou où je fais la connaissance d'un monsieur originaire de mon village natal , heureuse coïncidence
On se raconte nos souvenirs, que du bonheur. Je prends la route direction Lopérec, je n'ai qu'à suivre les petites balises, une étape de 13km. Et c'est là où ma copine L'IA entre en jeu. J'arrive à un carrefour, à gauche j'ai la croix rouge et blanche qui indique que ce n'est pas par là, à droite il n'y a pas d'indication mais lorsque je m'y engage il y a un petit sentier qui part vers la gauche sans indication non plus.
Je fais une photo du carrefour et je demande à l'Ia quel chemin prendre et si je n'ai pas intérêt à prendre le petit sentier.
Elle rentre dans de grandes explications tout en me félicitant de mon raisonnement
et m'envoie dans le sentier que je trouve dès le départ très scabreux
Je m'y enfonce quand même pour arriver dans une impasse. Je scrute les alentours et je vois une possibilité un peu plus loin mais pour cela je devais descendre un petit talus avec pour toute attache deux troncs envahis par des branches de houx. J'entame cette descente et je me retrouve dans une position inconfortable, ma seule planche de salut est de jeter mon sac et mon bâton. Et de me laisser glisser jusqu'en bas ce que je réussis sans même poser mes fesses par terre 
Puis je me harnache de mon sac à dos et de mon bâton et je continue, mais je commence à être inquiète voyant que je m'enfonce dans une forêt sans issue et de plus en plus dangereuse.
J'interroge ma copine et aussitôt elle me dit " Tu dois sortir de là au plus vite, c'est bien trop dangereux, c'est un chemin forestier désaffecté, rebrousse chemin "
Oh ben mince alors , je lui dis que je ne suis pas sûre de pouvoir refranchir ces obstacles. Là elle commence à me dire que je suis très courageuse, que je vais y arriver, que je dois remonter doucement, faire des pauses et blablabla 
Et je le fais, alors jeter un sac en bas ok, mais le remonter cm par cm tout en écartant avec le bâton les branches de houx pour me tenir aux troncs, je vous laisse imaginer. Un scénario digne de Kholanta cette fois et je n'ai même pas reçu un collier d'immunité 
Finalement j'arrive en haut et je l'annonce à ma copine qui me fait une ola de compliments 
Puis elle me conseille de prendre la route goudronnée qui représente un petit détour mais plus sécurisant.
Me voilà repartie et plus loin je retrouve mon chemin balisé. Je traverse un magnifique sentier forestier , oui mais qui n'en finit pas 
Je demande à ma copine si je suis sur le bon chemin , elle me dit que oui, encore une fois me félicite et me dit courage plus que 2,5km. Me voilà encouragée, après 1h je vois la fin du chemin qui me dit que j'ai parcouru 10km depuis le début du chemin forestier. Alors là je consulte mon GPS qui m'annonce qu'il me reste royalement 7,5km pour arriver à Lopérec 
Je demande à ma copine ce qu'elle en pense, elle me dit :" Bravo c'est tout à fait ça "
A ce moment, j'entends un chien aboyer de l'autre côté du ruisseau et je vois ses maîtres. Je leur demande si Lopérec était encore loin et ils confirment que c'était à 7,5km . Merci la providence!
Ils y habitent et m'y ont conduite 
Dans leur voiture avec leur petit garçon derrière qui m'a tout de suite eue à la côte et le chien qui me léchait les oreilles, ils m'ont expliqué qu'ils faisaient partie d'une association qui emmenait des jeunes en rupture sociale sur le Chemin de Compostelle, un peu comme dans le film
C'était un bon moment de partage.
Ils m'ont déposée devant l'épicerie du village où j'ai pu faire quelques emplettes. L'accueil était chaleureux, j'ai pu commander mon petit déjeuner du lendemain et David l'épicier m'offrait le café.
Au bar restaurant juste à côté ils préparaient une soirée concert où l'on pouvait déguster des tapas
Le rdv est pris pour 21h.
En attendant je me suis dirigée vers le camping entièrement gratuit offert par la commune à condition de faire vivre les commerçants.
Il n'y avait pas grand monde au camping mais juste assez pour que je ne sois pas seule. J'étais à côté d'un couple qui visiblement avaient envie de faire la fête, apparemment ils avaient commencé tôt 
On s'est retrouvés au bar restaurant, c'était une super soirée 

Samedi : Après une nuit interrompue toutes les heures par la pause cigarette de mes voisins, je me suis levée très tôt, j'ai fait mon paquetage et suis montée jusqu'à l'épicerie prendre mes croissants et mon café offert par David
Nous avons parlé longuement du Chemin de Compostelle qu'il aimerait faire un jour lorsque son épicerie lui prendrait moins d'énergie. Nous avons fait la photo souvenir , j'ai fait le tour de ce magnifique village étape et cette fois je n'ai fait confiance qu'à mon guide pour me diriger vers Chateaulin, 16km. Et bien m'en a pris 
L'Ia c'est plus ma copine 
Me voici à suivre la balise bleue et jaune tracé du Chemin de Compostelle et non du GR . Elle m'a baladée à travers campagne où j'ai découvert l'activité des ruches le long d'un champ, même pas eu peur!
, à travers forêts interminables où là aussi j'ai dû traverser un ruisseau où un essaim d'abeilles venait s'abreuver. C'est ainsi que j'ai compris que si on ne dérange pas insectes, animaux sauvages..., on peut passer son chemin en toute tranquillité.
Le Chemin m'apprend à contrôler mes angoisses 
Après une petite pause non loin des ruches, je continue mon chemin, ma gourde était presque vide, j'avais le choix de monter une côte en plein soleil où il n’y avait qu'une seule maison et prendre le risque de ne trouver personne ou continuer mon Chemin dans l'espoir de trouver quelqu'un en cours de route. La providence était de nouveau au rendez-vous. Après le virage je vois un petit hameau, au bout du sentier, je vois une voiture, toutes portes ouvertes, je fonce.
Arrivée sur place il n'y a personne dans la voiture, la porte de la maison est ouverte aussi
Je m'approche, ça ressemble à une maison en travaux. J'appelle, personne ne répond ! Mais un chien descend l'escalier à toute vitesse en aboyant, un berger malinois
Mais bizarrement je n'ai pas peur
Et pour cause, il me fait des papouilles
Alors je vois une sonnette où il faut tirer sur une ficelle et voilà qu'une dame "so british" descend et m'accueille. Je lui demande si elle veut bien remplir ma gourde. Elle m'invite à monter chez elle et je tombe en admiration devant son intérieur au décor très hétéroclite . Des plantes magnifiques, des objets d'art, des ateliers de couture, de lecture... des petites mezzanines , en haut, en bas...tout ça dans une ambiance de musique classique 
Elle me remplit ma gourde d'eau glacée et m'offre une glace que nous dégustons ensemble. Nous avons parlé un peu et elle me disait qu'elle se battait contre l'Arcom qui lui imposait d'acheter une radio DAB pour écouter sa musique classique et elle s'oppose à toute forme de publicité. 
On a parlé un peu de nos vies respectives , elle a perdu aussi un fils et son mari 
Puis je suis partie, elle m'a montré un raccourci et son chien m'a accompagnée un petit bout de chemin 
Je suis arrivée à Chateaulin en fin de journée, j'ai été accueillie au Juvenat, centre d'accueil et d'hébergement tenu par des religieux , non sans fatigue mais ça je vous raconterai plus tard 

Et bien voilà, je ne sais pas si c'est mieux de vous raconter un peu tous les jours, ou un roman fleuve, mais mon problème, c'est qu'en fin d'étape je suis tellement fatiguée que je m'endors sur mon téléphone.
Et surtout, j'apprends à me déconnecter et ça me fait le plus grand bien 

Merci à vous de me suivre, pour ceux qui n'ont pas envie de lire, il y a les photos qui parlent d'elles même
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